Rencontre avec Hélène Decroix

 

Jolie Goffin - Photographes
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Rencontre avec Hélène Decroix, une femme pressée de 35 ans, qui a crée une ASBL: Dogs and Company Rescue pour venir en aide aux chiens très traumatisés qui ont été battus et violentés.
Cette éducatrice pour chiens depuis 15 ans a voulu se consacrer aux chiens les plus abimés , elle part de jour comme de nuit en Roumanie, en Espagne mais aussi bien sur en Belgique où elle vit pour les délivrer de conditions inhumaines. Le but de son action est d’abord de les sortir de leur détresse physique et puis, de les remettre en état pour qu’un jour ces pauvres animaux puissent être adoptés.
Chez elle, les chiens les plus affaiblis se mélangent à ses chiens qui sont pleins de leur vie pour leur insuffler leur énergie.
Hélène vit pour son association, elle peut mener cette action grâce à la générosité de certains donateurs.
Elle aimerait bien sur en sauver plus , bien plus mais elle fait avec des moyens qui, elle espère, grandiront.
Souhaitons lui beaucoup de chance et de force pour continuer à réparer la violence humaine .

www.dcrescue.org

pour effectuer un virement:
BE02 3630 5746 2840

Voici son témoignage émouvant:

« Le choix de celui qui vit et de celui qui meurt.

On me demande souvent comment je fais pour choisir un chien à sauver plutôt qu’un autre. Parce qu’il est vrai que dans les pays ou Dogs & Company Rescue est actif, des demandes de prise en charge pour des cas dramatiques,  ils nous en arrivent plusieurs par jour.

La vérité c’est que c’est l’état de notre trésorerie qui détermine une grande partie de nos choix. C’est un casse-tête qui s’installe chaque soir à l’heure ou toute la logistique s’organise. Car la plupart de nos collaborateurs étrangers sont bénévoles, tout comme nous, et c’est donc après les heures de boulot que la planète PA (protection animale) est en ébullition. Des heures à répondre aux mails, whatsapp, messenger, sms, coups de téléphone. Pour voir ce que nous pouvons faire et comment. Un rituel quotidien et nécessaire qui se prolonge souvent jusqu’au petites heures de la nuit.

Pour bien comprendre, il faut savoir qu’avant de prendre en charge chaque sauvetage, Il me faut prévoir à l’avance toutes les dépenses connues, comme les frais vétérinaires de base, les vaccins, la stérilisation, les prises de sang et le traitement des maladies, méditerranéennes quand les chiens viennent du Sud, ou souvent virales quand ils viennent du Nord.

Mais il faut aussi penser au prix de la pension, et imaginer le temps que ce nouveau protégé devra y séjourner, en fonction de son état de santé à l’heure où nous le récupérons. Et de la liste d’attente des autres chiens prévus pour le rapatriement.

Commencent alors les équations à 1000 inconnues ! Le chien ramassé dans la rue ce matin à la patte fracturé est-il sociable ? Les chiots au fond du puits du village vont-ils survivre grâce à cette coûteuse hospitalisation? L’opération de la chienne retrouvée tabassée par des gamins va elle fonctionner ? Le chien ramassé et opéré ce matin sera-t-il aveugle ? Le Rottweiller abandonné dans une usine désaffectée après des années de combat va-t-il être un danger une fois requinqué ? ça c’est la phase 1 ! Les questions d’avant minuit !

Ensuite vient la phase 2, celle qui m’accompagne jusqu’au matin : Quelqu’un voudra-t-il l’adopter ? Et si personne n’en veut, je fais quoi ? Et si les frais sont trop lourds, je fais quoi ? Et s’il s’avère être sauvage ou agressif à son réveil…je fais quoi ?

La plupart du temps, au moment de m’engager, et d’engager par la même occasion vos dons et donc votre confiance, je n’ai aucune donnée précise. Je voudrais du temps. Pour calculer, savoir, réfléchir…Mais du temps il n’y en a pas ! Il n’y en a jamais.

Je reçois chaque soir des dizaines de demandes, et actuellement, alors que Dogs & Company Rescue a sous sa protection 14 chiens rescapés de graves traumatismes, je ne peux pas me permettre d’en prendre d’avantage. Alors je regarde les cas, mon estomac le plus souvent se serre et le plus poliment possible, je m’excuse de ne pas pouvoir intervenir.

Chaque soir, quand mon fils est au lit, je regarde les photos que ces braves gens m’envoient et je maudis ce monde. Je suis tellement désolée, car je sais que ma réponse est attendue à des centaines de kilomètres, par des gens qui n’ont déjà rien pour eux, et qui tentent malgré tout de sauver des chiens.

C’est sans aucun doute cela le plus dur dans la protection animale. En ce qui me concerne, ce ne sont pas les combats sur lesquels je m’engage qui me mettent KO, mais ceux que je n’ai pas la force financière ou logistique de mener.

Depuis la création de cette ASBL, le rituel est toujours le même. En raison des enjeux financier, je tiens bon quelques jours, je reste raisonnable et je gère ceux que j’ai déjà à gérer sans me laisser attendrir. Et puis, ce truc dans ma tête se produit. Une abomination de trop. Un regard plus profond, ou trop de barbarie. Et soudain, je veux dire oui. Je veux tendre nos mains à tous et répondre
« oui Dogs & Company Rescue la prend en charge »

Parce qu’elle n’y était pour rien ! Parce que l’être humain est responsable de ce chaos et que si nous ne le faisons pas ce soir, qui le fera ? Parce que si tout le monde vous dit de l’abattre et qu’il est trop tard, moi je veux vous dire que Dogs & Company Rescue et tous ses membres sont là pour elle. Que je ne connais pas les données exactes, que je n’ai aucune information sur ce que ça coûtera ou comment cela se terminera, mais que peu m’importe ! Nous sommes là ! Nous ne l’abandonnerons pas dans cet état.

Par exemple, Leeloo. Elle a été trouvée dans cet état lamentable. Elle aurait le bassin fracturé par des coups et un problème aux yeux peut être du à une substance toxique ! Elle est probablement dans la rue depuis des mois, car elle a un taux de leishmaniose extrêmement élevé et elle est dans un état de dénutrition très grave.
Nous avions accepté son sauvetage, mais une association locale s’était alors présentée pour s’en occuper.

Mais hier celle-ci a changé d’avis devant l’ampleur des dégâts et les frais qu’il va falloir engager. Ils n’ont pas les fonds, car comme toutes les associations sur place ils sont débordés!

Donc, on y retourne aujourd’hui et on l’embarque direction là Clinique vétérinaire . Et des analyses complètent !
Notre vie c’est ça! »